Dans Libération, plusieurs écrivains et chercheurs ont publié une tribune de soutien.
La FSU, première fédération de l'éducation, a demandé le maintien de cet "outil pédagogique". La CFDT Médias a défendu "l'existence d'une émission critique des médias" tout en affirmant que son présentateur, Daniel Schneidermann, n'était "victime d'aucune chasse aux sorcières".
France 5 a annoncé lundi qu'elle ne reconduirait pas à la rentrée six de ses magazines, dont "Arrêt sur images", le plus ancien. L'émission avait été créée sur La Cinquième en 1995 et était diffusée sur France 5 depuis 2002, le dimanche. Elle proposait un décodage du traitement de l'actualité par le petit écran.
La chaîne publique a estimé que le concept n'avait "pas évolué", soulignant un "tassement de l'audience". La chaîne prévoit de remplacer l'émission par un autre magazine de "décryptage de l'actualité en direct". "Notre mission de décryptage et de libre parole demeure", a assuré M. Vilamitjana, directeur de l'antenne. Outre une procédure de licenciement, M. Schneidermann fait l'objet d'une mise à pied pour des "faits" qui lui seraient reprochés mais qu'il dit ignorer. (AFP)
Arrêt sur images avait suscité de nombreux débats de haut niveau autour de la possibilité, ou non, de critiquer les médias au sein même des médias (voir le film documentaire Enfin pris ? de Pierre Carles). L’émission de Schneidermann avait permis l’émergence de nombre de chroniqueurs et journalistes de qualité, tels de David Abiker, Pascale Clark, Colombe Schneck ou Sébastien Bohler. Daniel Schneidermann écrit, sur le Bigbanblog : «Au fond, la question n’est pas : pourquoi s’arrête Arrêt sur images ? La question est : pourquoi ne s’arrête-t-elle que maintenant ?» Question malicieuse. Le journaliste avait fait état de sa difficulté à inviter sur son plateau des représentants des chaînes de télévision privées, afin de discuter de leurs programmes et des pressions subies au sein de France Télévision quand il se penchait sur des sujets liées aux chaînes du groupe.
Une décision politique, donc ? Il est extrêmement désagréable que le hasard des calendriers médiatique et politique fasse intervenir une telle décision de suspension de l’émission Arrêt sur images quelques semaines après l’élection de Nicolas Sarkozy à la magistrature suprême et au lendemain même du second tour de l’élection législative. Avec des accents dignes d’un Philippe Muray, Schneidermann note sur son blog : «Peut-être sommes-nous entrés dans l’éternité décomplexée de la Star Ac, des rires et des applaudissements. Peut-être sommes-nous entrés dans le triomphe décomplexé des tambours. On verra bien.» Veut-on vraiment de la victoire de cette superficielle télévision hyper-festive et ultra-commerciale, sans aucun contrepoids critique ?
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