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Jacques Chirac a raison de ne pas confondre vitesse et précipitation quant à l’envoi de troupes françaises au Liban dans le cadre de la FINUL.
Pourquoi ? Parce que le mandat de la FINUL dans le cadre de la résolution 1701 manque de précision et on ne peut prendre le risque d’envoyer nos soldats dans une mission qu’ils n’auraient pas les moyens de remplir. Une telle méthode ne débouchera sur rien de bon.
Prenons deux hypothèses :
Qui va désarmer le Hezbollah ? : L’armée libanaise. Fort bien, mais si elle n’y parvient pas, cette tâche reviendra – t- elle à la FINUL ? LA FINUL aura – t- elle l’autorisation d’utiliser la force dans ce cas précis ? Ce qui veut dire engager des actions de guerre au Liban contre des Libanais par ailleurs soutenus par la Syrie avec laquelle il faudra négocier pour une paix durable au Proche-Orient. Mais des libanais également soutenus par l’Iran avec lequel il faut aussi négocier notamment dans le cadre du « dossier du nucléaire iranien ».
Si Israël rompt la trêve de façon flagrante cela veut dire que nous devrions nous opposer militairement à Israël pour faire respecter la 1701, ce qui paraît absolument inenvisageable. Le Hezbollah répliquerait n’en doutons pas et nous serions pris entre deux feux.
Cela ressemblerait bien à un terrible bourbier voire à un piège dans lequel beaucoup aimeraient nous voir tomber. Quelle aubaine de voir ainsi la France paralysée au Proche Orient et qu’elle soit à son corps défendant, enrôlée dans la fameuse « guerre contre le terrorisme ».
Monsieur Bush nous fait des leçons de morale ? Des dizaines de milliers d’Irakiens sont morts depuis 3 ans, sans parler de l’Afghanistan. Monsieur Olmert se moque de la France ? Il vient de détruire le Liban sans aucun résultat si ce n’est de renforcer les intégrismes et 200 Palestiniens ont été tués depuis le 25 juin dernier dans les Territoires occupés et la Bande de Gaza où les combats se poursuivent.
La théorie du « Nouveau Moyen-Orient » ne débouche que sur la terreur et le chaos. Il est donc légitime que la France prenne toutes les précautions possibles avant de s’engager dans une aventure que nous ne maîtriserions pas. Plus que jamais nous devons conserver notre capacité d’action et d’indépendance pour agir au mieux des intérêts des peuples de la Région et cela ne se fera pas en prenant une décision hâtive dont le résultat pourrait très vite se retourner contre nous et donc contre la paix.
Enfin pour finir, il est bon de rappeler que la France n’a jamais rechigné à envoyer ses armées dans le cadre des mandats de l’ONU et bien souvent sur les pires des théâtres d’opérations où nos soldats y ont souvent laissé
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